CHERES BLESSURES

Comme je l’ai mentionné dans la rubrique À propos, la marque YERENE est née à partir d’une frustration. J’ai dû quitter un poste dans une entreprise que j’aimais bien mais dans laquelle je vivais une relation professionnelle très toxique avec mon responsable. J’en étais arrivée à un point où je devais partir pour préserver ma santé physique et mentale. Je m’éteignais à petit feu, je n’étais plus que l’ombre de moi-même.
Une souffrance profonde, des traumatismes, voilà ce que j’avais emporté dans mes cartons.
J’ai gardé pendant longtemps un souvenir très amer de cette expérience.
En réalité, j’avais le sentiment que mon apprentissage dans une entreprise dans laquelle j’ai été pionnière dans mon domaine n’était pas terminé ; que mon expérience s’était écourtée trop tôt car j’étais en train d’y écrire mes lettres de noblesse. Un parcours prometteur mais vite avorté. J’avais l’impression de pas avoir les épaules pour affronter une telle adversité vu ma jeunesse. Et effectivement, cette situation me dépassait. Bref, j’en suis sortie très affaiblie et pourtant, dans ce chaos, j’ai trouvé la force en mes proches et en moi pour y voir une opportunité de créer sa propre entreprise. Je n’en mesurais pas encore la portée car je ne savais pas à ce moment précis que je venais d’embarquer dans une fabuleuse aventure transformatrice.
Les premiers pas de cette aventure ont été très exaltants. Il y’a eu beaucoup de challenges, de fougues, d’erreurs, de maturité, de victoires célébrées, de recommencements…
À côté de ça, je transportais toujours ces griefs contre ce responsable qui m’avait poussé malgré moi à la vulnérabilité car je faisais face maintenant aux réalités de l’entrepreneuriat avec ses instabilités financières et ses vicissitudes. Moi qui, avait toujours eu un parcours jusque-là « propre », sans grandes bavures, exemplaire aux yeux de mes proches, je me sentais perdue.
Cette colère était devenue un poison que je nourrissais en ignorant que derrière ce poison se cachait un puissant remède.
Durant tout ce voyage, je me suis questionnée, j’ai appris à me recentrer, et à me reconnecter au fur et à mesure à mes premiers amours, à des choix oubliés, comme dans une quête de quelque chose.
Cette quête m’a emmené à reconnaître et à choisir ce qui était bon pour moi, ce qui me nourrissait. J’ai fini par comprendre que j’avais le merveilleux pouvoir de sélectionner avec quoi et qui continuer mon voyage, le pouvoir de faire le tri entre ce qui me détruisait et ce qui me sublimait sans avoir peur d’être critiquée ou invalidée.
J’ai aussi vécu un fait majeur qui m’a gravement marquée : une trahison amoureuse. Il m’a fallu du temps et de la sagesse, étant toujours guidée, pour comprendre que cette blessure était un autre cadeau de la vie. Cette marque au cœur que je sens subtilement parfois en moi est une bénédiction. Elle m’a révélé, comme toutes les autres, qu’elle n’était en réalité que le rappel d’une leçon profonde : ne jamais s’oublier !
Aujourd’hui je l’embrasse si fort, si tendrement. Et pourtant, pendant longtemps, je l’ai détesté de toutes mes forces. Je ne la comprenais pas, je ne l’acceptais pas. Je ressentais plutôt sa douleur. J’étais davantage focalisée sur la déception que je venais de vivre, refusant de voir l’aspect positif caché.
Toutes ces marques, chaque fois que j’ai été humiliée, rabaissée, méprisée, combattue, maltraitée, blessée, trahie, manipulée, étaient simplement des rappels.
Qu’est-ce que je cherchais tant à l’extérieur que je ne pouvais pas voir ni avoir à l’intérieur ?
Aujourd’hui, je dédie ma marque à ces marques indélébiles. Je les remercie d’être là, d’avoir existé pour me rappeler l’essentiel. Elles ont agi en moi comme une sorte de magie transformatrice. Aujourd’hui je regarde tous ces souvenirs avec un sentiment de liberté.
À ce responsable qui pense m’avoir fait tant de torts, je lui dédie également la version de moi que je suis aujourd’hui. Je dédie cette marque à toutes ces expériences difficiles vécues par la suite comme des (TRANS) formations.
Vraisemblablement, toutes ces fois où j’attendais d’être choisie, reconnue à ma juste valeur, honorée, validée, accompagnée, n’étaient en réalité qu’une dépendance aux attentes extérieures. J’étais dépendante de la croyance inconsciente qu’être choisi signifiait automatiquement recevoir sa dose d’amour.
Aujourd’hui peu importe si je suis reconnue ou pas, aimée ou pas, il n’y a plus rien de frustrant. Je me suis déjà choisie, connue et reconnue.
Chaque fois que tu n’auras pas été choisi, rappelle-toi que c’est pour pouvoir te choisir en réalité. Que chaque pierre qui t’es lancée au travers de mots ou d’actes, est un outil que tu peux utiliser pour peaufiner le meilleur de toi.
Car c’est de ton amour dont tu as vraiment besoin pour te découvrir.
Crois-moi, cette force en toi t’enverra par miracle toujours ce qu’il te faut et ceux qu’il te faut.
S’affirmer, c’est faire taire toutes ces voies extérieures pour juste entendre sa propre voix car Dieu nous guide toujours justement dans le silence absolu.
Comprendre ses blessures, même les plus atroces, pour les embrasser avec gratitude, voici une des plus complexes et belles leçons que j’ai apprises de mon passé. Une de celles-là à ne jamais oublier !
Alors ne t’oublie jamais car tous ces poisons que tu as reçus peuvent se révéler être tes remèdes.
À nos marques !
Affectueusement,
Amaya








